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Ce que le PER vous rapporte vraiment
Le PER déduit aujourd'hui et impose à la sortie. Tout son intérêt tient dans l'écart entre votre tranche d'aujourd'hui et celle de votre retraite.
Votre tranche aujourd'hui
Déduite de vos revenus et de vos parts. Corrigez-la si vous avez d'autres revenus imposables.
Votre tranche à la retraite
Gain net attendu
1 482 €
Vous économisez 2 340 € maintenant et paierez environ 858 € à la sortie.
Plafond de déduction de l'année
7 800 €
Versement déductible
200 € dépassent votre plafond et n'ouvrent aucune déduction cette année.
7 800 €
Économie d'impôt immédiate
2 340 €
Impôt estimé à la sortie en capital
858 €
Coût réel de l'effort d'épargne
5 660 €
L'impôt de sortie est calculé sur les seuls versements déduits : les gains produits par le contrat suivent leur propre régime. Sortir le capital en plusieurs fois plutôt qu'en une seule permet souvent de rester dans une tranche basse.
Estimation établie sur la base des règles en vigueur et des seules données saisies. Votre situation peut comporter des éléments qui la modifient — la fiscalité des gains à la sortie, le déblocage anticipé et les frais du contrat n'entrent pas dans ce calcul. Ce calcul ne remplace pas une étude personnalisée.
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L'écart de tranche décide de tout
Si votre tranche marginale est de quarante et un pour cent aujourd'hui et de trente à la retraite, vous gagnez onze points sur chaque euro versé. Si elle est identique, le gain fiscal est nul et il ne reste que le blocage des sommes. Si elle monte, l'opération vous coûte de l'argent.
C'est la seule question qui compte, et c'est celle que les brochures ne posent jamais — elles affichent l'économie d'entrée en oubliant l'imposition de sortie.
Le plafond de déduction
Pour un salarié, dix pour cent des revenus professionnels de l'année précédente, encadrés par un plancher de dix pour cent du plafond annuel de la Sécurité sociale et un plafond de dix pour cent de huit fois ce montant. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes restent mobilisables, et ceux du conjoint peuvent être mutualisés.
Verser au-delà de ce plafond est possible, mais l'excédent n'ouvre aucune déduction : autant l'orienter vers une assurance vie, qui restera disponible.
Ce que le calcul laisse de côté
L'imposition de sortie porte ici sur les seuls versements déduits. Les gains produits par le contrat suivent leur propre régime, au prélèvement forfaitaire de trente pour cent en cas de sortie en capital. Les frais du contrat, qui varient fortement d'un établissement à l'autre, ne sont pas non plus intégrés.
Un exemple, du début à la fin
Un cadre déclare 78 000 € de revenus professionnels et se situe dans la tranche à 30 %. Son plafond de déduction s'établit à 7 800 €. En versant cette somme, il efface 2 340 € d'impôt l'année suivante : son effort réel n'est que de 5 460 €.
À la retraite, avec des revenus ramenés dans la tranche à 11 %, la sortie en capital de ces mêmes 7 800 € supportera environ 858 € d'impôt. Le gain net s'établit donc autour de 1 482 €, soit près de 19 % du versement — pour un blocage jusqu'à la retraite.
Le même calcul pour quelqu'un déjà imposé à 11 % donne 858 € d'économie à l'entrée et 858 € d'impôt à la sortie. Gain net : zéro, et l'argent est immobilisé pendant vingt ans. C'est la situation où le PER ne doit pas être conseillé, et où il l'est pourtant souvent.
Trois arbitrages qui pèsent autant que le versement
- Fractionner la sortie plutôt que tout retirer en une fois : étaler le capital sur plusieurs années maintient dans une tranche basse et peut diviser l'imposition par deux.
- Mutualiser les plafonds du couple : les époux et partenaires de PACS soumis à imposition commune peuvent utiliser le plafond inutilisé de l'autre, ce qui permet d'absorber une année exceptionnelle.
- Renoncer à la déduction à l'entrée quand la tranche est basse : le versement n'est alors pas imposé à la sortie, ce qui inverse l'arbitrage pour les revenus modestes.
S'y ajoutent les frais du contrat, que ce calcul n'intègre pas et qui varient fortement d'un établissement à l'autre. Sur vingt ans, un demi-point d'écart de frais annuels représente environ dix pour cent du capital final — davantage que bien des optimisations fiscales.
Questions fréquentes
Combien puis-je déduire ?
Pour un salarié, dix pour cent des revenus professionnels de l'année précédente, avec un plancher de dix pour cent du plafond annuel de la Sécurité sociale et un plafond de dix pour cent de huit PASS. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes s'ajoutent, et ceux du conjoint peuvent être mutualisés — ce qui permet de rattraper d'un coup plusieurs années lors d'une prime exceptionnelle ou d'une cession.
Le PER est-il intéressant à 11 % de tranche ?
Rarement. L'économie vaut 1 100 € pour 10 000 € versés, et vous serez imposé à la sortie. Sans écart entre votre tranche d'aujourd'hui et celle de votre retraite, le blocage des sommes jusqu'à la retraite n'est compensé par rien. Il est d'ailleurs possible de renoncer à la déduction à l'entrée pour être moins imposé à la sortie.
Comment est imposée la sortie en capital ?
La part correspondant aux versements déduits est imposée au barème progressif, la part de gains au prélèvement forfaitaire de trente pour cent. Sortir en plusieurs fois plutôt qu'en une seule permet souvent de rester dans une tranche basse : c'est l'arbitrage le plus rentable du dispositif, et il se prépare des années à l'avance.
Que se passe-t-il si je verse au-delà du plafond ?
L'excédent n'ouvre aucune déduction cette année et n'est pas reporté. En contrepartie, il ne sera pas imposé à la sortie, puisqu'il n'a jamais été déduit. Mais l'argent reste bloqué : mieux vaut orienter ce surplus vers une assurance vie, qui reste disponible et se transmet mieux.