Ce qui a changé pour y accéder
Le ticket d'entrée était longtemps de plusieurs centaines de milliers d'euros, réservé aux institutionnels et aux très grands patrimoines. Deux voies l'ont abaissé : les unités de compte de private equity logées dans un contrat d'assurance vie, accessibles dès quelques milliers d'euros, et les fonds dits evergreen, à capital permanent, qui offrent des fenêtres de liquidité périodiques.
Cette démocratisation a un revers. Les meilleurs fonds restent fermés aux particuliers, et l'écart de performance entre le premier et le dernier quartile de gérants est considérable — bien plus large que sur les marchés cotés, où choisir un mauvais fonds coûte quelques dixièmes de point.
La courbe en J
Les premières années d'un fonds fermé affichent une performance négative. Les frais courent dès le premier jour, les participations sont valorisées prudemment, et les cessions n'interviennent que plus tard. Un relevé à trois ans montrant une moins-value n'a donc rien d'anormal : c'est le fonctionnement même du véhicule.
S'y ajoute le mécanisme des appels de fonds : vous vous engagez sur un montant, mais il est appelé progressivement, au rythme des investissements. Il faut conserver la trésorerie correspondante disponible pendant plusieurs années.
Les chiffres à retenir
- Durée de blocage d'un fonds fermé : 8 à 12 ans, prorogeable d'un ou deux ans par le gérant.
- Frais de gestion annuels de l'ordre de 2 % des engagements, auxquels s'ajoute un intéressement du gérant de 20 % des plus-values au-delà d'un rendement préférentiel, généralement fixé à 8 % par an.
- Ticket d'entrée : dès 1 000 à 10 000 € en unité de compte dans un contrat d'assurance vie, contre 100 000 € et plus en souscription directe.
- Fiscalité de droit commun : prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les plus-values. Certains fonds fiscaux offrent une exonération d'impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux restant dus.
- Un investissement via un contrat d'assurance vie suit la fiscalité du contrat, nettement plus douce après 8 ans.
La place que cela doit prendre
Le non-coté ne remplace rien : il complète. Il suppose que votre épargne de précaution soit constituée, que vos enveloppes fiscales soient utilisées, et que vous puissiez immobiliser la somme sans y penser pendant dix ans. Au-delà de dix à quinze pour cent d'un patrimoine financier, la contrainte de liquidité devient difficile à porter.
Comment nous intervenons
Nous partons de votre trésorerie et de vos échéances connues avant de parler rendement : un engagement de dix ans ne se prend pas si un projet immobilier est envisagé à cinq. Puis nous sélectionnons sur l'historique réalisé du gérant, fonds liquidés à l'appui, et sur la stratégie — capital-risque, capital-développement, transmission — qui ne portent ni le même risque ni le même horizon.
Nous privilégions le plus souvent l'accès par contrat d'assurance vie, dont la fiscalité et la souplesse compensent largement les frais supplémentaires pour un patrimoine qui n'est pas institutionnel.
Questions fréquentes
Quel montant faut-il pour investir en private equity ?
De 1 000 à 10 000 € via une unité de compte dans un contrat d'assurance vie, contre 100 000 € et souvent bien davantage en souscription directe auprès d'un fonds. La voie de l'assurance vie ajoute des frais mais donne accès à une fiscalité plus douce et à une souplesse que la souscription directe n'offre pas.
Combien de temps l'argent est-il immobilisé ?
8 à 12 ans pour un fonds fermé, avec une prorogation possible d'un ou deux ans à la main du gérant. Les fonds evergreen, à capital permanent, proposent des fenêtres de rachat périodiques, mais celles-ci peuvent être suspendues si les demandes de sortie dépassent la liquidité disponible.
Pourquoi mon fonds est-il en moins-value au bout de trois ans ?
C'est la courbe en J, et c'est normal. Les frais courent dès la première année, les participations sont valorisées avec prudence, et les cessions qui créent la performance interviennent en seconde moitié de vie du fonds. Un relevé négatif à trois ans ne dit rien de ce que le fonds rendra à dix.
Quels sont les frais réels ?
Environ 2 % de frais de gestion annuels sur les engagements, plus un intéressement du gérant de 20 % des plus-values au-delà d'un rendement préférentiel généralement fixé à 8 % par an. En passant par un contrat d'assurance vie, s'ajoutent les frais du contrat et ceux de l'unité de compte : le total mérite d'être additionné avant de comparer une performance affichée.
Quelle part du patrimoine y consacrer ?
Rarement plus de dix à quinze pour cent du patrimoine financier, et seulement une fois l'épargne de précaution constituée et les enveloppes fiscales utilisées. La contrainte n'est pas le risque de perte mais l'immobilisation : un besoin de liquidité imprévu ne se règle pas en vendant des parts de fonds fermé.
Où nous rencontrer
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