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Ce que le régime obligatoire laisse de côté
Un salarié en arrêt de travail perçoit des indemnités journalières calculées sur environ la moitié de son salaire journalier de base, plafonnées, après trois jours de carence. La convention collective complète parfois, souvent pour une durée limitée. Au-delà, la chute est brutale.
Un travailleur non salarié est bien plus exposé : indemnités plus faibles, franchises plus longues, et une invalidité appréciée selon des règles qui laissent une large place à l'interprétation. Beaucoup découvrent l'ampleur du trou au moment où ils ne peuvent plus travailler.
Au décès, le capital versé par le régime général représente environ trois mois de salaire. C'est une aide aux obsèques, pas une protection de famille.
Chiffrer le besoin, pas acheter une garantie
La bonne question n'est pas « combien coûte un contrat » mais « de combien mes proches auraient-ils besoin, et pendant combien de temps ». Le calcul se fait en quatre temps : les revenus qui disparaissent, les charges qui subsistent, le capital déjà disponible, et la durée pendant laquelle l'écart doit être comblé.
Un exemple : un foyer avec deux enfants de huit et douze ans, un crédit immobilier assuré, et un revenu principal de cinquante mille euros par an. Le crédit s'éteint au décès, mais il faut encore financer douze années de charges courantes et deux études supérieures. Le besoin réel dépasse souvent trois cent mille euros, quand le contrat en place en couvre cent mille.
Les trois garanties, et leurs pièges
- Le décès, sous forme de capital, de rente au conjoint ou de rente éducation versée jusqu'à la fin des études. La rente éducation est la garantie la plus efficace par euro cotisé, et la moins souscrite.
- L'incapacité temporaire de travail, avec sa franchise — quinze, trente, quatre-vingt-dix jours. Elle décide du prix autant que du niveau d'indemnisation, et doit être calée sur votre trésorerie réelle, pas choisie par défaut.
- L'invalidité permanente, dont l'indemnisation dépend d'un taux évalué selon un barème contractuel. Certains contrats retiennent l'invalidité fonctionnelle, d'autres l'incapacité à exercer votre profession précise : à taux identique, l'indemnisation peut varier du simple au double.
Deux exclusions méritent d'être lues avant de signer : les affections dorsales et les troubles psychologiques, qui représentent ensemble une part majeure des arrêts longs et sont fréquemment écartées ou soumises à des conditions restrictives.
Le cas des indépendants
Le dispositif Madelin permet au travailleur non salarié de déduire ses cotisations de prévoyance du bénéfice imposable, dans une limite calculée sur le revenu professionnel. À garantie égale, le coût réel dépend donc de votre tranche marginale.
La contrepartie est que les prestations perçues sont imposables. Sur une invalidité longue, cela change le montant net dont vous disposerez réellement, et c'est un paramètre à intégrer au calcul du besoin — pas à découvrir après.
Les chiffres à retenir
- Indemnités journalières du régime général : environ 50 % du salaire journalier de base, plafonnées, après 3 jours de carence.
- Capital décès du régime général : de l'ordre de 3 mois de salaire, plafonné — une aide aux obsèques, pas une protection de famille.
- Pension d'invalidité : 30 % du salaire annuel moyen en 1re catégorie, 50 % en 2e et 3e, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
- Franchise d'un contrat individuel en arrêt de travail : 15, 30, 90 ou 180 jours. Elle pèse autant sur le prix que le niveau d'indemnisation.
- Cotisations déductibles pour un indépendant dans le cadre Madelin, en contrepartie de prestations imposables.
Un cadre à 80 000 € de revenu annuel perçoit environ 21 000 € d'indemnités journalières par an en arrêt long, soit un quart de son revenu. C'est cet écart de 59 000 € qu'un contrat de prévoyance a pour objet de combler — et c'est en euros qu'il faut le mesurer, jamais en pourcentage d'un plafond.
Comment nous intervenons
Nous commençons par l'inventaire de ce que vous avez déjà : contrat d'entreprise, garanties de la convention collective, assurance emprunteur, contrats souscrits et oubliés. Les doublons sont fréquents, et payer deux fois la même couverture est aussi coûteux que d'être mal protégé.
Nous chiffrons ensuite l'écart restant et nous le comblons au plus juste. Une prévoyance surdimensionnée pèse chaque mois sur la capacité d'épargne, et cette épargne est aussi une protection.
Questions fréquentes
Quelle différence entre prévoyance et assurance emprunteur ?
L'assurance emprunteur ne couvre qu'un crédit précis : elle rembourse la banque, pas votre famille. La prévoyance protège les revenus du foyer, indépendamment de tout emprunt. Un couple dont le crédit est bien assuré peut se retrouver sans ressources courantes au décès de celui qui portait le revenu principal.
Comment calculer le capital dont mes proches auraient besoin ?
En quatre temps : les revenus qui disparaîtraient, les charges qui subsisteraient — logement, études, vie courante —, le capital déjà disponible, et la durée pendant laquelle l'écart doit être comblé. Pour un foyer avec de jeunes enfants et un revenu principal de cinquante mille euros, le besoin dépasse fréquemment trois cent mille euros.
Quelle franchise choisir en arrêt de travail ?
Celle que votre trésorerie peut absorber. Un salarié dont la convention collective maintient le salaire pendant quatre-vingt-dix jours n'a pas besoin d'une franchise courte, et la choisir revient à payer deux fois. Un indépendant sans réserve a intérêt à une franchise de quinze ou trente jours, malgré son coût.
Un indépendant peut-il déduire ses cotisations ?
Oui, via le dispositif Madelin, dans une limite calculée sur le revenu professionnel et à condition d'être à jour de ses cotisations obligatoires. En contrepartie, les prestations perçues sont imposables : sur une invalidité longue, c'est le montant net qu'il faut regarder, pas la garantie affichée.
Le contrat de mon entreprise suffit-il ?
Rarement, et il cesse en général avec le contrat de travail. Les garanties collectives sont souvent calibrées sur des plafonds de Sécurité sociale qui laissent les revenus élevés largement découverts, et elles ne suivent pas en cas de départ ou de licenciement. C'est le premier élément à vérifier dans un inventaire.
Que verse réellement le régime obligatoire ?
Environ 50 % du salaire journalier de base en arrêt de travail, plafonné, après trois jours de carence. En invalidité, 30 % du salaire annuel moyen en première catégorie et 50 % en deuxième et troisième, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Au décès, un capital de l'ordre de trois mois de salaire. Pour un revenu de 80 000 €, cela représente environ un quart du revenu en arrêt long : c'est l'écart restant qu'il faut chiffrer.
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