Le trou dans la couverture
Un accident de la route causé par un autre conducteur est indemnisé par son assureur. Un accident du travail relève de la branche professionnelle. Mais une chute dans un escalier chez soi, un accident de bricolage, une réaction grave à un traitement, un accident de ski sans tiers : personne n'indemnise le préjudice corporel.
La Sécurité sociale prend en charge les soins et verse des indemnités journalières. Elle ne compense ni la perte de revenus au-delà, ni l'aménagement du logement, ni l'aide à domicile, ni le préjudice d'agrément. Sur une invalidité lourde, l'écart se compte en centaines de milliers d'euros.
Le seuil d'intervention, la clause qui décide de tout
Chaque contrat fixe un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique en dessous duquel il n'intervient pas. Ce seuil, exprimé en pourcentage, varie couramment de un à trente pour cent selon les contrats — et il change complètement la portée de la garantie.
À trente pour cent, seuls des accidents très graves ouvrent droit à indemnisation : la plupart des sinistres réels ne sont pas couverts. À cinq pour cent, la garantie joue sur des séquelles bien plus courantes. C'est le premier chiffre à regarder, avant le prix, et celui que les comparateurs mentionnent le moins.
Les autres points à vérifier
- Le plafond d'indemnisation par sinistre, souvent d'un million d'euros, parfois moins. Sur une invalidité lourde et jeune, ce plafond peut être atteint.
- L'étendue familiale : contrat individuel ou couvrant le conjoint et les enfants, et jusqu'à quel âge pour ces derniers.
- Les exclusions de pratiques sportives, qui écartent fréquemment les sports dits à risque — parfois définis très largement.
- La couverture des accidents médicaux et des catastrophes naturelles ou technologiques, présente dans certains contrats seulement.
- Le mode d'indemnisation : selon le droit commun, comme le ferait un tribunal, ou selon un barème contractuel, généralement moins favorable.
Les chiffres à retenir
- Seuil d'intervention : de 1 % à 30 % d'atteinte permanente selon les contrats. C'est la clause qui décide de tout, et l'écart de prix entre un seuil à 5 % et un seuil à 30 % est faible.
- Plafond d'indemnisation : couramment 1 million d'euros par sinistre, parfois 500 000 € seulement.
- Cotisation annuelle : de l'ordre de 150 à 400 € pour une couverture familiale.
- Couverture des enfants : généralement jusqu'à 18 ou 26 ans selon les contrats et la poursuite d'études.
- Mode d'indemnisation : selon le droit commun, comme le ferait un tribunal, ou selon un barème contractuel — le second est presque toujours moins favorable.
Une invalidité à 15 % chez un actif de 40 ans représente, en droit commun, plusieurs dizaines de milliers d'euros de préjudice. Un contrat à seuil de 30 % ne verse rien dans ce cas. C'est le seul chiffre à vérifier avant de comparer les cotisations.
Comment nous intervenons
Nous regardons d'abord ce que vous avez déjà. Une prévoyance individuelle bien construite, un contrat d'entreprise généreux ou une garantie incluse dans une carte bancaire haut de gamme peuvent couvrir une partie du besoin. Il arrive que la garantie accidents de la vie soit superflue ; il arrive plus souvent qu'elle soit le seul filet manquant.
Nous comparons ensuite les contrats sur le seuil d'intervention et le mode d'indemnisation avant de regarder la cotisation, car l'écart de prix entre un bon et un mauvais contrat est faible au regard de l'écart de protection.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un accident de la vie privée ?
Tout dommage corporel accidentel survenu hors du travail et sans tiers responsable identifié : chute domestique, accident de bricolage ou de jardinage, accident sportif, accident médical, morsure animale, catastrophe naturelle selon les contrats. Ce sont précisément les situations où aucune autre assurance n'intervient pour le préjudice corporel.
Quel taux d'invalidité déclenche la garantie ?
Cela dépend du contrat, et c'est la clause la plus importante. Le seuil varie de un à trente pour cent d'atteinte permanente. Un contrat à trente pour cent ne joue que sur des accidents très graves ; un contrat à cinq pour cent couvre des séquelles bien plus fréquentes. À prix voisin, l'écart de protection est considérable.
Cette garantie fait-elle doublon avec la prévoyance ?
Rarement en totalité. La prévoyance couvre principalement la perte de revenus en cas d'incapacité, d'invalidité ou de décès, quelle qu'en soit la cause. La garantie accidents de la vie indemnise le préjudice corporel lui-même : aménagements, aide à domicile, préjudice d'agrément, souffrances endurées. Les deux se complètent plus qu'elles ne se recouvrent.
Faut-il en souscrire une quand on a des enfants ?
C'est la situation où elle se justifie le plus. Les accidents domestiques de l'enfance sont fréquents, et les séquelles d'un accident survenu jeune s'étalent sur toute une vie, avec un préjudice économique d'autant plus élevé. Vérifiez que le contrat couvre bien les enfants et jusqu'à quel âge.
Quel seuil d'intervention choisir ?
Le plus bas possible, et c'est le premier chiffre à regarder. Les contrats fixent ce seuil entre 1 % et 30 % d'atteinte permanente : à 30 %, seuls des accidents très graves ouvrent droit à indemnisation, et la grande majorité des sinistres réels reste sans couverture. À 5 %, une invalidité courante est prise en charge. L'écart de cotisation entre les deux est faible au regard de l'écart de protection.
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