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Patrimoine du Golfe, cabinet de gestion de patrimoinePatrimoine du Golfe

Plan d'épargne retraite

Le plan d'épargne retraite repose sur un échange simple : vous déduisez vos versements aujourd'hui, vous serez imposé à la sortie. Toute sa valeur tient dans l'écart entre ces deux moments.

Ce que vous déduisez

Les versements volontaires viennent en déduction de votre revenu imposable, dans une limite annuelle qui dépend de votre statut. Pour un salarié, dix pour cent des revenus professionnels de l'année précédente, avec un plancher et un plafond calculés sur le plafond annuel de la Sécurité sociale. Pour un travailleur indépendant, la limite est plus élevée et intègre une fraction supplémentaire du bénéfice.

Les plafonds non utilisés des trois années précédentes restent mobilisables, et ceux du conjoint peuvent être mutualisés. Une année de forte imposition — une prime exceptionnelle, une cession — permet donc de rattraper d'un coup plusieurs années de plafonds dormants.

L'économie réelle est le montant versé multiplié par votre tranche marginale. À trente pour cent, dix mille euros versés effacent trois mille euros d'impôt. À onze pour cent, mille cent euros seulement — et le PER perd alors une grande partie de son intérêt face à une assurance vie, plus souple.

Ce que vous paierez à la sortie

Si vous avez déduit à l'entrée, le capital retiré est imposé au barème progressif pour la part correspondant aux versements, et au prélèvement forfaitaire de trente pour cent pour la part de gains. En rente, c'est le régime des pensions qui s'applique, avec son abattement de dix pour cent.

D'où la règle de décision : le PER gagne si votre tranche à la retraite est inférieure à celle d'aujourd'hui. Pour un cadre à quarante et un pour cent qui passera à trente, l'écart de onze points est acquis d'avance. Pour quelqu'un déjà à onze pour cent, il n'y a rien à gagner, et il est possible de renoncer à la déduction à l'entrée pour être moins imposé à la sortie.

Un blocage réel, avec des issues

Les sommes sont indisponibles jusqu'à la retraite. C'est la contrepartie de l'avantage fiscal, et elle est sérieuse : un PER n'est pas une épargne de précaution.

  • L'acquisition de la résidence principale, seule sortie anticipée motivée par un projet et non par un accident.
  • L'invalidité du titulaire, de son conjoint ou d'un enfant.
  • Le décès du conjoint ou du partenaire de PACS.
  • L'expiration des droits au chômage, ou la cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire.
  • Le surendettement, sur demande de la commission.

Ce qu'il advient au décès

Sur un PER assurantiel, le décès avant soixante-dix ans ouvre un abattement de cent cinquante-deux mille cinq cents euros par bénéficiaire, comme en assurance vie. Après soixante-dix ans, l'abattement global de trente mille cinq cents euros s'applique, mais il porte ici sur l'ensemble des sommes et non sur les seules primes — la différence avec l'assurance vie est notable et rarement expliquée.

Un PER bancaire, lui, entre dans la succession et suit les droits ordinaires. Les deux formes portent le même nom et n'ont pas les mêmes conséquences.

Les chiffres à retenir

  • Plafond de déduction, salarié : 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, avec un plancher de 10 % du PASS et un plafond de 10 % de 8 PASS.
  • Plafond de déduction, indépendant : 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, majoré de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS.
  • Report possible des plafonds non utilisés des 3 années précédentes, et mutualisation avec ceux du conjoint.
  • Sortie en capital : barème progressif sur la part correspondant aux versements déduits, prélèvement forfaitaire de 30 % sur la part de gains.
  • Sortie en rente : régime des pensions, avec abattement de 10 %.
  • Décès sur un PER assurantiel : abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans, abattement global de 30 500 € après — appliqué ici à l'ensemble des sommes, gains compris.

L'économie vaut le versement multiplié par votre tranche : 10 000 € versés effacent 4 100 € d'impôt à 41 %, 3 000 € à 30 %, mais seulement 1 100 € à 11 %. Le gain net est l'écart entre cette tranche et celle de votre retraite ; sans écart, le blocage n'est compensé par rien.

Comment nous intervenons

Nous chiffrons l'écart de tranche entre aujourd'hui et votre retraite estimée, plafonds reportés et mutualisation avec le conjoint compris. Puis nous comparons au versement équivalent sur une assurance vie, qui reste disponible et se transmet mieux après soixante-dix ans.

Il nous arrive de conseiller de ne pas ouvrir de PER. C'est le cas chaque fois que la tranche actuelle est basse, ou que l'épargne disponible est insuffisante pour supporter un blocage long.

Questions fréquentes

Combien puis-je déduire chaque année ?

Pour un salarié, dix pour cent des revenus professionnels de l'année précédente, encadrés par un plancher et un plafond assis sur le plafond annuel de la Sécurité sociale. Pour un indépendant, la limite est supérieure et intègre une fraction du bénéfice. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes restent mobilisables, et ceux du conjoint peuvent être mutualisés.

Le PER est-il intéressant à toutes les tranches ?

Non. L'économie vaut le montant versé multiplié par votre tranche marginale : substantielle à quarante et un ou quarante-cinq pour cent, marginale à onze. Et comme la sortie est imposée, le gain réel est l'écart entre votre tranche actuelle et celle de votre retraite. Sans écart, le blocage n'est compensé par rien.

Peut-on récupérer son argent avant la retraite ?

Dans six cas seulement : acquisition de la résidence principale, invalidité du titulaire, du conjoint ou d'un enfant, décès du conjoint ou partenaire de PACS, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire, et surendettement. Hors ces situations, les sommes restent indisponibles.

Capital ou rente à la sortie ?

Le capital est possible en totalité sur les versements volontaires, en une fois ou de façon fractionnée. Le fractionnement permet d'étaler l'imposition sur plusieurs années et de rester dans une tranche basse, ce qui est presque toujours préférable à un retrait unique. La rente sécurise un revenu à vie mais fait perdre le capital aux héritiers, sauf option de réversion.

Que devient le PER en cas de décès ?

Sur un PER assurantiel, un décès avant soixante-dix ans ouvre un abattement de cent cinquante-deux mille cinq cents euros par bénéficiaire. Après soixante-dix ans, l'abattement global de trente mille cinq cents euros s'applique à l'ensemble des sommes, gains compris — moins favorable qu'en assurance vie. Un PER bancaire, lui, entre dans la succession ordinaire.

Combien exactement puis-je déduire ?

Pour un salarié, 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, avec un plancher de 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale et un plafond de 10 % de huit fois ce même plafond. Pour un indépendant, 10 % du bénéfice dans la limite de huit PASS, majorés de 15 % de la fraction comprise entre un et huit PASS. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes restent mobilisables, et ceux du conjoint peuvent être mutualisés.

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