Étape 1 : estimer sa pension
Le point de départ est votre relevé de carrière et l'estimation de pension disponible sur le service public de la retraite. Pour un salarié du privé, la pension totale (régime de base et complémentaire) représente souvent entre la moitié et les deux tiers du dernier salaire net ; pour un indépendant ou un dirigeant, la part est fréquemment plus faible. Notez le chiffre en net mensuel.
Étape 2 : mesurer l'écart
Fixez le revenu mensuel que vous voulez conserver à la retraite. Beaucoup de foyers visent 70 à 80 % de leur revenu d'activité : certaines dépenses disparaissent (crédit soldé, enfants autonomes, trajets), d'autres apparaissent (santé, loisirs, aide aux enfants). La différence entre ce revenu souhaité et la pension estimée est l'écart mensuel à combler.
Étape 3 : convertir l'écart en capital
Un écart mensuel se transforme en capital à constituer. Ordre de grandeur : pour prélever 1 000 € par mois pendant vingt-cinq ans sur un capital placé prudemment, il faut réunir entre 220 000 et 260 000 € au départ de la retraite, selon le rendement retenu. Le chiffre paraît élevé ; il se construit sur vingt ou trente ans, avec l'aide des intérêts composés et, souvent, d'un crédit immobilier qui s'achève au bon moment.
| Écart mensuel à combler | Capital nécessaire à la retraite (25 ans, ordre de grandeur) |
|---|---|
| 500 € | 110 000 à 130 000 € |
| 1 000 € | 220 000 à 260 000 € |
| 1 500 € | 330 000 à 390 000 € |
| 2 000 € | 440 000 à 520 000 € |
Étape 4 : en déduire l'effort mensuel
Reste à répartir ce capital sur les années qui restent. Plus on commence tôt, moins l'effort est lourd : le temps fait une grande partie du travail. Les ordres de grandeur ci-dessous supposent un placement à rendement modéré, net de frais, et aucun capital de départ.
| Âge de départ de l'épargne | Pour 250 000 € à 64 ans | Pour 500 000 € à 64 ans |
|---|---|---|
| 30 ans | environ 350 € par mois | environ 700 € par mois |
| 40 ans | environ 560 € par mois | environ 1 120 € par mois |
| 50 ans | environ 1 200 € par mois | environ 2 400 € par mois |
Ces montants baissent dès que vous avez déjà un capital, une assurance vie, un PER ou un bien locatif dont les loyers prendront le relais. Ils baissent aussi si un crédit immobilier se termine avant la retraite : la mensualité libérée devient de l'épargne, ou du revenu disponible.
Où placer cette épargne
Le PER déduit vos versements de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel : plus votre tranche marginale est élevée, plus l'avantage est grand, en contrepartie d'un blocage jusqu'à la retraite. L'assurance vie reste disponible et se transmet dans un cadre favorable. L'immobilier locatif apporte un revenu qui continue après la retraite. Le bon dosage dépend de votre tranche d'imposition, de votre besoin de disponibilité et de votre horizon : c'est un arbitrage à faire avec un conseiller, pas un produit à choisir sur catalogue.
Faire le calcul avec vos vrais chiffres
Notre simulateur de retraite et l'espace Golfe Invest reprennent cette méthode avec vos données : votre projection de patrimoine au fil de l'eau affiche un repère à l'âge de la retraite, et votre conseiller la confronte à votre besoin de revenu. Le premier échange est gratuit.
Le cas des indépendants et des dirigeants
Un artisan, un profession libérale ou un dirigeant rémunéré en dividendes cotise moins qu'un salarié, et sa pension représente souvent moins de la moitié de son revenu d'activité. L'écart à combler est donc plus grand, mais les leviers le sont aussi : le PER, dont les versements sont déductibles du bénéfice ou du revenu, l'immobilier détenu à titre personnel ou par une société, et pour un dirigeant, la cession de l'entreprise elle-même, qui se prépare des années à l'avance.
Ne pas oublier ce qui s'arrête à la retraite
- Le crédit immobilier, souvent soldé peu avant : la mensualité libérée est un revenu de fait.
- Les frais liés à l'activité : trajets, repas, garde d'enfants, une partie de l'habillement.
- Les cotisations retraite elles-mêmes, qui ne sont plus prélevées.
- À l'inverse, la complémentaire santé, qui coûte plus cher hors contrat d'entreprise.
Épargner, ou rembourser plus vite
La question revient souvent : faut-il placer 500 € par mois ou les affecter au remboursement anticipé du crédit ? Si le taux du crédit est inférieur au rendement raisonnable d'un placement à long terme, épargner est souvent plus efficace, à condition d'accepter les fluctuations. Si le crédit est cher, ou si la tranquillité d'être sans dette compte plus que le rendement, rembourser est un choix légitime. La bonne réponse dépend de votre taux, de votre tranche d'imposition et de votre rapport au risque : c'est un arbitrage à chiffrer, pas une règle.
Vérifier chaque année
Une projection retraite se refait à chaque avis d'imposition et à chaque changement de situation. Dans Golfe Invest, votre projection au fil de l'eau se recalcule automatiquement à chaque mise à jour de vos chiffres, avec le repère à l'âge de la retraite : vous voyez en une courbe si l'effort actuel suffit ou non.
Cet article est pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les projections sont des ordres de grandeur ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Questions fréquentes
À quel âge commencer à épargner pour la retraite ?
Le plus tôt possible, même avec de petits montants : à 30 ans, 350 € par mois suffisent à un objectif qui demande 1 200 € par mois si l'on commence à 50 ans. La régularité compte plus que le montant.
Le PER est-il le meilleur placement pour la retraite ?
Il est très efficace pour un contribuable dans une tranche marginale élevée, grâce à la déduction des versements. Pour une tranche basse, l'assurance vie ou l'immobilier peuvent être préférables : l'avantage fiscal du PER se paie par un blocage des fonds.
Faut-il viser 100 % de son dernier revenu ?
Rarement. La plupart des foyers vivent bien avec 70 à 80 % de leur revenu d'activité une fois le crédit soldé et les enfants autonomes. Le bon chiffre est celui de votre budget prévisionnel, poste par poste.