Sommaire de ce guide
- Qu'est-ce que le PER ?
- Les trois types de PER
- L'avantage fiscal à l'entrée : la déduction
- Le plafond épargne retraite : calcul et optimisation
- Les supports d'investissement du PER
- Les cas de déblocage anticipé
- La fiscalité à la sortie : capital ou rente ?
- Le PER en cas de décès
- Cas pratiques chiffrés
- PER vs assurance vie : comment choisir ?
- Les erreurs à éviter
- FAQ
1. Qu'est-ce que le PER ?
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est un produit d'épargne à long terme créé par la loi PACTE du 22 mai 2019, entrée en vigueur le 1er octobre 2019. Il remplace et simplifie les anciens dispositifs d'épargne retraite : PERP, contrat Madelin, PERCO et Article 83, qui ne pouvaient plus être souscrits depuis le 1er octobre 2020.
Le PER repose sur un principe simple et puissant : vous versez de l'argent pendant votre vie active, vous déduisez ces versements de votre revenu imposable (et donc réduisez votre impôt), puis vous récupérez le capital à la retraite, sous forme de capital, de rente viagère ou d'un mix des deux.
- Déduction fiscale — Réduisez votre impôt dès l'année du versement.
- Capitalisation — Vos fonds croissent sans fiscalité pendant la phase d'épargne.
- Retraite — Complétez vos revenus à la retraite avec capital ou rente.
2. Les trois types de PER
PER individuel (PERIN)
Souscrit à titre personnel auprès d'une banque, d'un assureur ou d'une société de gestion. Ouvert à tous (salariés, indépendants, sans emploi). Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable. C'est le plus flexible et le plus répandu. Il remplace le PERP et le contrat Madelin.
PER collectif (PERCOL)
Mis en place par l'employeur sur la base du volontariat. Alimenté par l'intéressement, la participation, l'abondement employeur et des versements volontaires. Remplace le PERCO. L'abondement de l'employeur est exonéré de cotisations sociales dans certaines limites — un avantage à ne pas négliger.
PER obligatoire (PERO)
Mis en place par l'employeur avec des versements obligatoires pour certaines catégories de salariés (cadres, dirigeants). Remplace l'Article 83. Les versements obligatoires sont déductibles mais la sortie se fait uniquement en rente (sauf cas exceptionnels).
3. L'avantage fiscal à l'entrée : la déduction
C'est le principal atout du PER : chaque euro versé réduit votre revenu imposable. L'économie d'impôt réalisée est directement proportionnelle à votre tranche marginale d'imposition (TMI).
Option sans déduction : quand y renoncer ?
Vous pouvez choisir de ne pas déduire vos versements du revenu imposable. Dans ce cas, la sortie en capital à la retraite n'est pas imposée sur le capital (seules les plus-values sont soumises au PFU de 30 %). Cette option est avantageuse si vous êtes peu imposé aujourd'hui mais pensez l'être davantage à la retraite, ou si vous souhaitez effectuer une sortie en capital importante sans payer d'IR sur le principal.
4. Le plafond épargne retraite : calcul et optimisation
Le montant déductible est plafonné chaque année. Le plafond individuel 2025 est le plus élevé des deux montants suivants :
- 10 % des revenus professionnels 2024 , dans la limite de 10 % de 8 fois le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) → soit un maximum de 35 194 € en 2025
- 10 % du PASS 2024 → soit un minimum garanti de 4 399 € même sans revenus professionnels
Récupérer les plafonds non utilisés des 3 dernières années
Si vous n'avez pas utilisé tout votre plafond épargne retraite les années précédentes, vous pouvez reporter les plafonds non consommés des 3 dernières années . Cette règle est particulièrement utile pour effectuer un versement important une année donnée (héritage, plus-value immobilière, prime exceptionnelle) et bénéficier d'une déduction maximale. Le plafond disponible est visible directement sur votre avis d'imposition.
Couples mariés ou pacsés
Sur option, les époux ou partenaires pacsés soumis à imposition commune peuvent mutualiser leurs plafonds d'épargne retraite. Le plafond inutilisé par l'un peut être utilisé par l'autre, ce qui est très avantageux pour les couples avec une disparité de revenus.
5. Les supports d'investissement du PER
Comme l'assurance vie, le PER peut être investi sur différents types de supports selon les contrats proposés par l'assureur ou le gestionnaire.
Fonds euros
- Capital garanti par l'assureur
- Sécurité maximale proche de la retraite
- Rendement limité (1 % à 2,5 %)
Unités de compte
- Actions, ETF, SCPI, obligations
- Rendement potentiel élevé (5–8 % /an)
- Capital non garanti, risque de perte
La gestion pilotée à horizon : la stratégie par défaut
La loi impose que le PER propose une gestion pilotée à horizon comme option par défaut. Le principe : allocation dynamique (majoritairement actions) quand vous êtes loin de la retraite, puis désensibilisation progressive à l'approche de l'échéance. Cette approche disciplinée évite les biais comportementaux (vendre en cas de baisse, acheter au plus haut) et est statistiquement efficace sur les horizons longs. À Patrimoine du Golfe, nous affinons cette allocation selon votre profil de risque personnel.
6. Les cas de déblocage anticipé
Les fonds du PER sont en principe bloqués jusqu'à la retraite. La loi prévoit cependant six cas de déblocage anticipé :
- L'acquisition de la résidence principale.
- L'invalidité du titulaire, de son conjoint ou partenaire de PACS, ou d'un enfant.
- Le décès du conjoint ou du partenaire de PACS.
- L'expiration des droits à l'assurance chômage.
- Le surendettement, sur demande de la commission de surendettement.
- La cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.
Les cinq derniers sont des accidents de la vie. Seul le premier relève d'un projet, et c'est le seul qu'on puisse intégrer à une stratégie.
7. La fiscalité à la sortie : capital ou rente ?
Fractionner la sortie pour optimiser la fiscalité
La sortie en capital n'est pas obligatoirement totale. Vous pouvez effectuer des rachats partiels progressifs pour étaler la fiscalité sur plusieurs années et éviter de sauter dans une tranche marginale supérieure. Un conseiller patrimonial à Vannes peut modéliser la sortie optimale selon votre situation globale (autres retraites, revenus fonciers, assurance vie…).
8. Le PER en cas de décès
Contrairement à l'assurance vie, le PER est intégré à la succession en principe. Cependant, la fiscalité applicable lors du décès du titulaire avant la liquidation est similaire à celle de l'assurance vie.
Décès avant 70 ans
- Abattement de 152 500 € par bénéficiaire désigné
- Prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 €
- Puis 31,25 % au-delà
- Conjoint et PACS exonérés totalement
Décès après 70 ans
- Abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires)
- Droits de succession selon lien de parenté
- Les plus-values restent exonérées
- Règles proches de l'assurance vie après 70 ans
9. Cas pratiques chiffrés
Cas 1 — Thomas, 38 ans, cadre supérieur à Vannes (TMI 41 %)
Objectif : réduire son impôt tout en préparant sa retraite.
- Revenus 2025 : 95 000 € bruts
- Plafond épargne retraite disponible : 9 500 € (10 % × 95 000 €)
- Versement PER : 9 500 €
- Économie d'impôt immédiate : 9 500 × 41 % = 3 895 €
- Coût réel du versement : 9 500 − 3 895 = 5 605 €
- Sur 25 ans à 5 %/an : capital estimé à 340 000 €
Cas 2 — Claire, 52 ans, médecin libérale à Auray (TMI 45 %)
Objectif : utiliser les plafonds reportés des 3 dernières années.
- Plafonds non utilisés sur 3 ans : 28 000 €
- Plafond 2025 : 12 000 €
- Versement total possible : 40 000 €
- Économie d'impôt : 40 000 × 45 % = 18 000 €
- Capital versé effectivement : 22 000 € (après économie fiscale)
- Idéal en fin d'exercice si l'activité a été très profitable
Cas 3 — Alain, 60 ans, chef d'entreprise à Lorient, départ prévu à 65 ans
Objectif : déblocage anticipé pour financer sa résidence principale.
- PER constitué depuis 15 ans, valeur : 180 000 €
- Projet d'achat résidence principale : 250 000 €
- Déblocage anticipé du PER : 80 000 €
- Fiscalité : 80 000 € de capital versé → IR ; plus-values → PFU 30 %
- Le reste (100 000 €) continue de se valoriser jusqu'à la retraite
- Stratégie : apport PER + crédit immobilier pour optimiser l'effet de levier
10. PER vs assurance vie : comment choisir ?
Stratégie combinée recommandée
Pour un actif à TMI 30 % ou plus : maximisez d'abord le PER jusqu'au plafond de déduction pour l'avantage fiscal immédiat, puis placez le surplus en assurance vie pour la flexibilité et la transmission. Ces deux enveloppes sont complémentaires et non concurrentes dans une stratégie patrimoniale équilibrée.
11. Les erreurs à éviter
Le PER est un bon outil mal employé plus souvent qu'un mauvais outil. Les fautes les plus coûteuses sont toujours les mêmes.
- Verser sans être imposé — la déduction ne vaut rien à 0 % ou 11 %, et la sortie sera pourtant imposée. Le PER se remplit à partir de 30 %.
- Y placer une épargne dont on aura besoin — les fonds sont bloqués, et les cas de déblocage ne se choisissent pas.
- Oublier de comparer les tranches — le PER ne gagne que si la tranche à la retraite est inférieure à celle d'aujourd'hui.
- Ignorer les plafonds non utilisés — ils se reportent, et permettent un versement bien supérieur au plafond de l'année.
- Négliger les frais et les supports — un PER assurantiel mal garni en unités de compte peut rendre moins que l'avantage fiscal ne rapporte.
- Sortir tout en capital la même année — le capital issu des versements déduits s'ajoute au revenu de l'année et peut faire remonter la tranche. L'étalement se prépare.
Simulez votre économie d'impôt avec le PER à Vannes
Le PER est l'un des rares outils permettant de réduire immédiatement votre impôt tout en préparant votre retraite. Nos conseillers en gestion de patrimoine à Vannes, dans le Golfe du Morbihan, calculent votre économie d'impôt personnalisée et définissent avec vous la stratégie de versement optimale selon votre situation.
Questions fréquentes
Les versements sur un PER sont-ils vraiment déductibles ?
Oui. Les versements volontaires sur un PER individuel sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite du plafond épargne retraite (généralement 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, avec un minimum de 4 399 € et un maximum de 35 194 € en 2025). Cette déduction réduit directement votre impôt sur le revenu, avec un gain fiscal proportionnel à votre taux marginal d'imposition.
Peut-on récupérer son argent avant la retraite ?
Les fonds sont en principe bloqués jusqu'à la retraite, mais des cas de déblocage anticipé sont prévus par la loi : acquisition de la résidence principale, invalidité (2e ou 3e catégorie), décès du conjoint ou partenaire PACS, surendettement, expiration des droits aux allocations chômage, cessation d'activité non salariée suite à jugement de liquidation judiciaire. Hors résidence principale, ces cas sont plutôt des situations d'urgence.
Quelle est la fiscalité à la sortie en capital ?
À la sortie, les versements (le capital) sont imposés à l'impôt sur le revenu (barème progressif). Les plus-values sont soumises au PFU de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Si vous n'avez pas déduit les versements à l'entrée (option possible), seules les plus-values sont imposées, et les prélèvements sociaux s'appliquent à 17,2 % uniquement.
PER en rente ou en capital : que choisir ?
La sortie en capital offre une liberté totale mais nécessite de gérer soi-même le capital. La sortie en rente garantit un revenu à vie, mais la rente est imposable comme une pension de retraite. Un mix est possible : une partie en capital, une partie en rente. Le choix dépend de votre espérance de vie, de votre patrimoine global et de vos besoins à la retraite. Une rente viagère est avantageuse si vous espérez vivre longtemps.
Peut-on transférer un ancien contrat (PERP, Madelin, Article 83) vers un PER ?
Oui, la loi PACTE de 2019 a facilité les transferts. Vous pouvez transférer un PERP, un contrat Madelin, un PERCO ou un Article 83 vers un PER individuel. Le transfert conserve l'antériorité fiscale et les droits acquis. Des frais de transfert peuvent s'appliquer (plafonnés à 1 % pour les contrats de plus de 5 ans, gratuits après 10 ans). C'est souvent avantageux pour simplifier la gestion et accéder à de meilleurs supports.
Le PER est-il intéressant si je suis peu imposé ?
Moins. L'avantage fiscal à l'entrée est proportionnel à votre TMI. Si vous êtes à 11 % de TMI, vous économisez 110 € par tranche de 1 000 € versés, mais vous paierez l'IR à la sortie. Si votre TMI à la retraite est identique ou supérieure, l'avantage s'annule. Le PER est vraiment efficace à partir d'un TMI de 30 %, car on économise 30 % ou plus à l'entrée et on espère être taxé moins à la sortie (revenus retraite souvent inférieurs).
Peut-on avoir plusieurs PER ?
Oui. Il n'existe pas de limite au nombre de PER détenus. Cependant, le plafond de déduction est global : tous vos versements PER (individuel + collectif + obligatoire) se partagent le même plafond épargne retraite. Avoir plusieurs PER peut être utile pour profiter de différents gestionnaires, mais ne vous permettra pas de dépasser le plafond de déduction.
Que devient le PER en cas de décès ?
Le PER est transmis aux héritiers ou bénéficiaires désignés. La fiscalité applicable dépend de l'âge au décès : avant 70 ans, le régime est proche de l'assurance vie (abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur le capital décès). Après 70 ans, les droits de succession classiques s'appliquent sur les primes versées après 70 ans. Les plus-values restent exonérées de droits de succession dans les deux cas.
Quelle est la différence entre PER individuel, PER collectif et PER obligatoire ?
Le PER individuel (PERIN) est souscrit à titre personnel, ouvert à tous. Le PER collectif (PERCOL) est mis en place par l'employeur sur la base du volontariat (il remplace le PERCO). Le PER obligatoire (PERO) est mis en place par l'employeur avec des versements obligatoires pour certaines catégories de salariés (il remplace l'Article 83). Les trois compartiments peuvent coexister au sein d'un même PER, et les fonds sont transférables entre eux.
Quelle allocation choisir dans un PER ?
La gestion pilotée à horizon est souvent recommandée par défaut : le contrat investit de manière dynamique (actions) quand vous êtes jeune, puis sécurise progressivement les fonds à l'approche de la retraite. Si vous gérez vous-même, une allocation dynamique (60–80 % actions) est adaptée à un horizon de plus de 10 ans, avec une sécurisation progressive à partir de 10 ans avant la retraite.